Discours et déclarations
Discours du président Vahagn Khatchatourian à l’occasion de la fête de l’indépendance
Chers compatriotes,
Je tiens à nous féliciter tous à l’occasion de la fête de l’indépendance de la République d’Arménie et du 35e anniversaire du rétablissement de notre souveraineté.
Trente-cinq ans, c’est à la fois une longue et une très courte période dans l’histoire d’un État. C’est suffisamment long pour évaluer le chemin que nous avons parcouru, mais suffisamment court pour comprendre qu’un État indépendant n’est jamais une réalisation achevée.
C’est pourquoi la Fête de l’Indépendance n’est pas seulement le symbole d’un événement historique. C’est un jour qui nous invite à réfléchir à nos responsabilités et à nos devoirs.
L’indépendance, la liberté, la souveraineté et l’existence en tant qu’État sont des valeurs fondamentales et indispensables pour toute nation. Tout au long de son histoire millénaire, le peuple arménien a connu la perte puis le rétablissement de son État, des périodes d’essor, ainsi que les épreuves les plus dures. Aujourd’hui, nous possédons ce pour quoi des générations se sont battues : la République d’Arménie.
La République d’Arménie n’est pas seulement la structure étatique de notre présent. Elle est la réalité actuelle de la continuité historique du peuple arménien et l’incarnation de l’aspiration séculaire des Arméniens du monde entier à disposer de leur propre État. Par conséquent, l’État n’est pas seulement un droit pour chacun d’entre nous, mais aussi une obligation.
L’indépendance, c’est la capacité de déterminer son propre destin et d’assumer la responsabilité de ses conséquences. La liberté, c’est la possibilité de prendre ses propres décisions et d’en assumer la responsabilité. La souveraineté, c’est la capacité politique de définir et de protéger ses propres intérêts.
Par conséquent, l’État n’est pas une valeur acquise une fois pour toutes et garantie à jamais. C’est une réalité qui se construit et se renforce chaque jour.
Aujourd’hui, nous avons le droit de parler ouvertement et honnêtement de notre État, de reconnaître nos réussites, d’admettre nos lacunes et le travail qui reste à accomplir. Il y en a beaucoup. Mais c’est précisément notre responsabilité envers notre État qui nous oblige à aborder ces questions non pas en nous divisant, mais en travaillant ensemble — avec des points de vue divergents, des débats et une concurrence politique.
Les élections à l’Assemblée nationale qui se sont tenues en juin de cette année ont constitué une étape importante dans la vie politique de l’Arménie. Le processus démocratique se poursuit, et le résultat des élections engendre de nouvelles responsabilités politiques. Nous pouvons envisager l’avenir de l’Arménie différemment, et avoir des opinions politiques et des solutions divergentes, mais une valeur commune doit rester le fondement de ces différences : la République d’Arménie.
Aujourd’hui, le monde change, notre région change, et les conditions en matière de sécurité, d’économie et de développement évoluent. Pour faire face à ces réalités, l’Arménie doit faire preuve de souplesse sans renoncer à ses principes, et de force sans perdre sa capacité à évoluer.
Nous pouvons et devons modifier nos politiques, réformer nos institutions et trouver de nouvelles solutions. Mais l’indépendance, la liberté, la souveraineté et l’existence même de l’État ne peuvent être des valeurs conjoncturelles.
L’intérêt de l’État et l’intérêt général de la République d’Arménie doivent être le critère de toutes nos décisions.
Le 35e anniversaire de l’indépendance nous oblige à ne jamais oublier d’où nous venons et, avec détermination, foi et courage, à réaffirmer quel type d’État nous voulons léguer aux générations futures.
Il est de notre responsabilité de leur transmettre non seulement le fait de disposer d’un État indépendant, mais aussi d’un État souverain, libre, démocratique et capable, doté du potentiel nécessaire pour façonner son avenir de manière autonome.
Si, il y a 35 ans, l’indépendance a été la décision historique de notre peuple, notre tâche aujourd’hui est de donner chaque jour tout son sens à cette décision.
Tel est le sens de l’indépendance.
Tel est notre devoir d’État.
Je félicite la République d’Arménie et les Arméniens du monde entier à l’occasion de la Journée de l’indépendance.
Paix et force à notre État, liberté et dignité à nos citoyens.
Gloire aux disparus, et
Vive la République d’Arménie !
